Un album consacré par le peintre
Alès Jiranek à la ville d'Aix-en-Provence,
à ses places, ses rues, ses monuments, dont Jacky Chabert,
dans des textes vivants et documentés, nous compte
parallèlement l'histoire.
Alès
Jiranek : « ... Dans cette ville de Prague, il y a
quarante ans, je venais de passer mon bac. Je m'apprêtais
à m'engager dans l'histoire de l'art puisque, heureusement,
j'ai toujours suivi cette voie. Et c'est alors que mon père
a décidé de partir, pour le sud de la France...
Nous sommes partis, dans une voiture verte, verte comme les feuilles de
platane, pour traverser la France et enfin arriver dans les
allées de platanes d'Aix.
Quelle
merveille, cette ville en plein mois de juillet ou août,
où tout réverbérait le soleil, la
chaleur, où les gouttes des fontaines continuaient
à projeter des milliers d'étincelles. C'est ainsi
que j'ai trouvé la ville d'Aix, la ville des merveilles,
cette ville d'Aix, cette ville de Cézanne...
Voilà
que quarante ans se sont écoulés et je
réapparais enfin dans cette ville... Je me suis mis
à la peindre, rue après rue, place
après place. Ce sont surtout les places qui
m'intéressaient : vastes pièces où
aboutissent les corridors des ruelles, où les platanes
cachent le soleil mais laissent quand même ses
étincelles parcourir les écorces, les
façades... »

Extrait
:
Rue
Montigny
(C’est
Cézanne qui parle)
Cette rue, qui n'est pas
très longue et qui prolonge en quelque sorte la rue Matheron
où j'ai passé une partie de ma petite jeunesse,
aboutit à la place
des Prêcheurs. Elle s'est longtemps appelée rue
des Trois-Ormeaux, mais paraît-il qu'avant d'être
enfermée à l'intérieur du rempart, il
existait dans cette rue une chapelle dédiée
à saint Sulpice pour qui les Aixois avaient une
grande vénération et du coup, à cette
époque et pendant longtemps, elle s'est appelée
rue Saint-Sulpice. On raconte même que les
condamnés à mort devaient emprunter cette rue
pour être conduits sur l'échafaud de la place
des Prêcheurs. Le nom de Montigny est relativement
récent. On le doit à un certain Lucas de Montigny
qui avait son hôtel particulier au n° 7.
Aix-en-Provence,
Promenades du peintre
Décembre
2006
285 x 200 mm
30
€
ISBN
2-914880-03-0